Archives mensuelles : novembre 2011

Responsabilisons-nous !

Dans son excellent fascicule sur la “démondialisation”, Arnaud Montebourg déplore la triste phrase que Lionel Jospin, alors premier ministre, avait laissé échapper au sujet des premières vagues de délocalisations qui affectaient l’industrie française : “l’Etat ne peut pas tout”. Pour les sujets à long terme, nous pensons comme Arnaud Montebourg que, bien au contraire, la simple (mais ferme) volonté politique peut, en commençant par reprendre le dessus sur le tout économique, impulser de grands mouvements, de grandes orientations, sur le gouvernement d’un pays (arrêt de l’immigration, relocalisations économiques, raccourcissement des circuits de consommation, taxes sur les produits exotiques, mesures environnementales etc.).

Pour autant, l’Etat peut-il réellement tout faire, tout gérer, et tout prévoir ? La réponse est non, et heureusement, serait-on tenté d’ajouter. Le fait est qu’aujourd’hui de plus en plus de personnes, en particulier lorsque survient un “drame” ou un “fait divers” sordide, réclament une aide, une assistance, une présence, voire, chose de plus en plus fréquente, un dédommagement de la part de l’Etat. Elles n’hésiteront plus à intenter des procès afin de chercher un responsable, un coupable. Bien souvent, ce sera l’Etat. “Mais que faisait la Police ? Mais comment l’a t-on laissé en liberté ?” Le Français prend la mauvaise habitude de tout attendre d’un Etat que la recherche du gain et des économies a pourtant rendu de moins en moins pléthorique (baisse des effectifs etc.) et formé (professeurs, ou magistrats, totalement dépassés par la situation).

Parallèlement à cela, les violences, notamment les agressions physiques, ne cessent d’exploser. L’Ecole, par exemple, n’est plus le sanctuaire consacré à l’instruction et à l’intellect qu’elle fut jadis, mais un espace idéologisé et rentabilisé, où règne un mélange de barbarie quotidienne, d’incivilités et d’irrespect total de l’autorité, le tout sur fond d’individualisme et du culte hédoniste de l’avoir. Cela, nous le savons. Nous savons que l’Etat, trop centralisé et mal géré, est de plus en plus incapable, et a de moins en moins de prise sur le quotidien d’une société a contrario de plus en plus violente, balkanisée et chaotique. 

Si nous le savons, alors pourquoi ne pas agir en conséquence ? Quand nous, chez les Identitaires, nous organisons une patrouille pour sécuriser un train entre Nice et Marseille ou une manifestation sur le Champs de Mars à Paris, nous pointons du doigt l’incapacité de l’Etat à répondre efficacement à la barbarie d’une société devenue folle, certes, mais par dessus tout, nous montrons l’exemple. En aucun cas nous ne souhaitons nous substituer à L’Etat, et nous admettons d’ailleurs qu’avec de la volonté, comme dit précédemment, il peut évoluer à long terme. Certes, mais cela prendra quoiqu’il arrive beaucoup de temps. 

Or, nous sommes dans l’urgence. Chaque jour, les média sont là pour nous le rappeler, des personnes sont agressées, violées, battues, humiliées. Des gamines sont tuées de 50 coups de couteaux après avoir été violées, ou des adolescents sont passés à tabac pour une histoire de mauvais regards, de cigarettes ou de Facebook. On dégaine un AK47 pour des surgelés Picard tandis qu’on met un enfant de 3 ans dans un lave-linge en marche pour le punir. C’est cela, la France d’aujourd’hui ! Combien de “marches blanches”, de “cellules psychologiques” et de “travail de deuil” faudra-t-il encore pour qu’on se décide à réagir ? On trouvera toujours une responsabilité, une erreur, une faille, et au final un dédommagement, mais cela nous rendra-t-il l’être cher ?

Réveillons-nous, point barre. Oui, nous montrons l’exemple. Nous lançons le message suivant aux Français : “Arrêtez de pleurnicher, ressaisissez-vous ! Le premier responsable, c’est vous !”. Quand nous avons victorieusement pris partie pour papy Galinier, qui avait grièvement blessé par balle une voleuse qui s’était introduite chez lui, nous avons rappelé le droit à la légitime défense, et mis en avant la sanctuarisation du domicile. C’est le premier devoir d’un homme : veiller sur son foyer, sa femme, ses enfants, sa famille. Puis viennent son quartier, sa ville et sa patrie. 

Pour commencer, les parents doivent à tout prix se responsabiliser, s’investir dans l’éducation de leurs enfants et arrêter de ne plus assumer leur rôle fondamental au sein de la cellule de base de toute société digne de ce nom, la famille. Autant ne pas avoir d’enfants, si c’est pour qu’au final ce soit une tierse personne, ou l’école dont ce n’est pas le rôle, qui se chargent de leur éducation et de leur formation ! Autant ne pas en avoir si c’est pour les laisser devenir des bombes humaines totalement irresponsables. Les parents ne veulent plus assumer, aujourd’hui. Ils veulent s’amuser, eux aussi, rester des enfants, profiter de leurs gadgets et faire une carrière comme les autres.

Basta ! Ils doivent avant tout tenir leur rôle d’adultes, un jeu d’équilibre, de force et de sévérité juste. Combien de pères de famille, qui défilent dans les trop nombreuses “marches blanches” et qui crient au scandale, laissent régulièrement leurs gosses devant l’ultra-violence télévisée ou des jeux vidéos pour s’acheter la paix dans le foyer ? Ne pensent-ils pas, ces ahuris qui marchent derrière une banderole “Plus jamais ça” et qui réclament une nouvelle “loi” pour se donner bonne conscience, qu’ils sont, eux aussi, et même avant tout, un peu responsable de la crise sociale que nous traversons par leur laxisme, leur infantilisation et leur manque de prise de responsabilités ? Même si cela n’est pas la seule explication, il y a un évident lien de cause à effet entre la démission progressive des parents (ainsi que l’augmentation du nombre de divorces etc.) et l’augmentation de la violence parmi les plus jeunes générations.  

Les parents, ces adultes aguerris, doivent ensuite s’impliquer dans la vie quotidienne, rentrer dedans tête baissée. Ils doivent en connaître la dure réalité et s’adapter en fonction. Pratiquer des sports de combat et l’autodéfense ? C’est vivement recommandé. Savoir réagir en cas d’agression ? C’est primordial. De même que savoir s’organiser, être solidaires et protéger son quartier face aux barbares quand cela devient nécessaire, comme nous l’avons fait à Nice au moment du dernier G20. De même, enfin, que protéger son environnement et se ré-accaparer ses paysages, comme nous l’avons fait en Bretagne où une vingtaine de militants a nettoyé un bois et un champ. Avions-nous besoin de l’Etat pour prendre ces saines initiatives pour le bien collectif ? Nous ne pouvons qu’inciter les Français et les Européens, à l’heure de la grande foire individualiste et consumériste qu’est devenu notre continent, à faire de même, former des associations, des comités de quartier, des groupes de sensibilisation.   

Que les choses soient claires, nous ne vivons pas dans un monde de bisounours. Si nous avons pu montrer l’exemple et montrer l’étoile qui nous guide là-haut à d’autres, alors tant mieux ! C’est bien notre rôle, après tout, que d’éveiller et de sensibiliser le peuple autour des trois axes qui structurent notre combat : identité, solidarité, action. Le peuple doit avant tout se prendre en main pour redevenir maître chez lui, et arrêter de prendre l’Etat pour une maman rassurante et omniprésente… Il n’a de toute façon plus les moyens de jouer ce rôle.

Simon Charles

Communiqué de presse du 26 novembre 2011

Nos ami(e)s lyonnais ont besoin de nous.

Parce qu’elle dérange, certains veulent faire fermer La Traboule

La commission de sécurité de la ville de Lyon intervient pour tenter d’étouffer financièrement ce projet original. Nous ne nous résignons pas, mais avons besoin de vos dons pour continuer.

La Traboule, espace de vie enraciné au cœur du quarter historique du vieux-Lyon, fête ses 1 an d’existence en ce mois d’octobre. Véritable aventure humaine, originale et nécessaire, cette maison de l’identité lyonnaise et de la jeunesse rencontre un succès inédit. Mais une bien sombre nouvelle vient ternir cet anniversaire et porte un coup dur à la motivation de plus de 80 adhérents et bénévoles qui l’animent avec passion toute l’année. Parce qu’elle dérange, certains veulent faire fermer La Traboule.

En effet l’inspection de notre maison de l’identité par la commission de sécurité de la ville de Lyon (qui se garde bien de contrôler les squats illégaux de l’extrême gauche), a relevé des insuffisances qui pourraient entrainer la fermeture du lieu par arrêté municipal, d’ici quelques semaines. Si celles-ci ne représentent pas de réelles difficultés dans leur mise en place, leur coût financier lui, menace gravement l’avenir du lieu de vie. Selon le devis réalisé par une entreprise spécialisée la somme de 4 000 € est en effet nécessaire pour répondre aux exigences de la commission de sécurité et éviter la fermeture.

Si La Traboule était sur la voie de l’équilibre financier depuis quelques temps, (notamment avec la fin des dépenses liées aux travaux et aux aménagements du lieu), cette nouvelle est un coup dur pour cette aventure hors du commun. Jusqu’à présent construite et financée en toute autonomie par des étudiants, La Traboule n’a aujourd’hui plus le choix pour continuer à exister : elle lance un appel à la générosité de tous, à votre solidarité.

Votre engagement dans cette campagne de don est décisif pour nous aider à surmonter cette épreuve.

Votre soutien est indispensable pour sauver cette maison de l’identité et du peuple lyonnais.

Vous seuls pouvez la sauver !

Vos possibilités pour sauver La Traboule :

par chèque à l’ordre de La Traboule : à envoyer à La Traboule 5 Montée du Change 69005 Lyon
par Paypal en vous rendant sur cette page : http://www.lyonlemelhor.org/la-traboule/

par virement bancaire : Banque Populaire, code banque: 13907, code guichet: 00000, compte: 81629141211, clé: 19
sur rendez-vous : prenez contact ici ou par email (contact@lyonlemelhor.com) ou par téléphone (07 77 80 36 79)

Un reçu fiscal afin de déduire 66% du montant du don de vos impôts pourra être établi.

Merci !

Signez…

Pétition relayée par le Bloc Identitaire contre le droit de vote des étrangers !

Contre le droit de vote des étrangers
Défendons notre identité – Défendons notre nationalité

Le droit de vote est la manifestation politique la plus importante de l’appartenance d’une personne à sa collectivité nationale.

Comme citoyens français, nous pouvons voter aux élections locales, régionales et nationales.

Comme citoyens européens, depuis le traité de Maastricht de 1992, nous pouvons voter aux élections locales et aux élections au parlement européen quel que soit notre pays de résidence.

Par ces gestes citoyens nous donnons une réalité à notre triple espace d’appartenance, la région, le pays et l’Europe.

Autoriser les étrangers à prendre part aux élections en arguant qu’il ne s’agit que des élections locales est un piège dans lequel veut nous faire tomber la gauche xénophile.

La gauche sait que son destin électoral à long terme se joue par le droit de vote des étrangers non Européens. Le Parti socialiste veut faire la même chose que le Labour au Royaume-Uni, ouvrir 

en grand les portes à l’immigration du Tiers-monde pour changer durablement la donne électorale en sa faveur.

Animée par une haine de soi aux conséquences tragiques pour nous tous, la gauche se moque de la destruction de notre identité qu’entraîneraient une poursuite et une aggravation de l’immigration de 
peuplement.

Forte de sa victoire aux sénatoriales, la gauche pense avoir toutes ses chances de l’emporter aux présidentielles et aux législatives de 2012.

Nous devons nous mobiliser d’urgence pour éviter que la Gauche, avec l’aide de centristes, régularise massivement les clandestins et les pseudo-réfugiés, et fasse adopter le droit de vote 

aux étrangers comme préambule au grand remplacement dont rêvent les idéologues du Parti socialiste ou leurs alliés de SOS Racisme : comme le peuple ne vote plus à gauche, changeons le peuple.

Ce ne sont pas des mots en l’air, Martine Aubry a déclaré publiquement que c’était un objectif prioritaire du Parti socialiste si la gauche reprend le pouvoir en 2012.

Signons cette pétition pour que les politiciens irresponsables prennent conscience du refus par les Français du droit de vote aux étrangers extra-européens.

Signons cette pétition pour que les politiciens opportunistes, prêts à toutes les compromissions avec la gauche, comprennent les conséquences de leurs actes. 

Signons cette pétition pour démontrer qu’au-delà des appartenances partisanes et des divergences idéologiques, il existe bien un front commun des Français de France ! De ce peuple historique de notre nation qui ne veut pas se voir diluer dans un magma multiculturel ou la nationalité française ne serait plus qu’une qualité administrative lorsque l’on voyage, ou un titre honorifique.

Contre le droit de vote des étrangers : défendons notre identité – défendons notre nationalité !

Catherine Blein
Porte-parole du collectif
« Citoyens contre le droit de vote aux étrangers »

L’interview de Catherine Blein sur Novopress, c’est ici !

Belle et rebelle

Manifeste d’un webzine que nous conseillons à nos lectrices (et nos lecteurs) :

Face à ceux qui nous voient comme des porte-monnaie à détrousser
ceux qui nous voient comme des cœurs-de-cible
ceux qui pensent nous défendre en créant des quotas
ceux qui nous vendent l’esclavage salarié comme émancipateur
ceux qui veulent nous ôter notre féminité
ceux qui nous veulent stériles et égoïstes
ceux qui nous veulent converties ou insultées

Nous serons plutôt féminines que féministes
plutôt louves que gibiers
plutôt garces militantes que putes lobotomisées
plutôt respectées que simples objets
plutôt touche-à-tout plutôt que bourgeoises
plutôt engagées que décérébrées

Ni Lilith ni Lolita
ni ingénue ni dépravée
Ni bimbo ni hystéro
ni misérable ni irresponsable

Guerrière amazone et sainte
Mère et femme

Parce que la civilisation européenne a créé la Femme libre et l’a toujours défendue. Nous sommes la femme d’Europe et nous avons fait le choix de la résistance. Vous nous vouliez simplement ‘jeune et jolie’, nous serons ‘belle et rebelle’.

Paris Fierté

Nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir le site internet et les activités de l’association Paris Fierté.

Connue pour sa fameuse marche Sainte Geneviève  (prochaine édition à ne pas manquer en janvier 2012), l’association propose via son site internet de nombreuses idées de balades, sorties, anecdotes, actualités, expositions, articles… sur Paris et son identité éternelle.

Une adresse à connaître : www.parisfierte.com

Aperçu sur le site …

 

 

 

 

 

 

 

 

[French Psycho]

Ce jeudi matin à 8h30, la Ligne 1 du métro est pleine à craquer…

Le costard fraîchement récupéré au Pressing, la cravate « club » bien nouée, Jérôme peine à se concentrer sur ses lectures…
Il se dit qu’à 29 ans c’est vraiment ridicule de continuer à acheter  « les Echos » simplement au cas où, pour faire bonne figure, il viendrait à croiser un collègue dans le métro…
Comme tous les matins, il se demande ce qu’il fait dans ce wagon embué.
Vivement la Défense, et la folle ruée vers les grandes tours d’argent : 3 minutes d’air vicié valent mieux qu’une demi-heure de « wagon-nid à microbes »….
Autour de lui, d’autres personnes affairées font aussi semblant de bouquiner ou écoutent nerveusement de la musique.
En face, un jeune homme en costume clair contemple et tripatouille un rectangle blanc… Serait-ce le dernier I-Phone, petit bijou concentré de technologies ?
Jérôme se ferait volontiers un « p’tit plaisir », un achat compulsif…
Sans en connaître vraiment l’utilité, l’I-Phone pourrait le soulager… comme l’avait soulagé sa Smart (foutue en l’air un retour de beuverie) ou ses chaussures Prada…  
Juste à côté de lui, un homme noir, lui-aussi en costume, feuillette sereinement « Le Monde ». Jérôme n’ose pas l’avouer, mais au fond de lui il n’aime pas les noirs, qu’il trouve en général sales et incommodants. Il fait tout pour les fuir, eux et leurs collègues arabes.
En fait, c’est surtout les « racailles » qu’il déteste !

Depuis qu’il s’est fait volé son premier téléphone portable par une bande de « racailles » dans le métro, Jérôme a la haine contre ces types là, ces merdes de Cité, incapables de faire des études ou de travailler… Mais Jérôme a toujours pris soin, en public du moins, de ne pas « tous les mettre dans le même panier ».
Parfois, il en vient à penser comme la populace, ces beaufs français fachos qu’il hait également.
Car en fait, ce n’est pas les noirs et les arabes qu’il déteste… mais tous les pauvres.
Il ne peut pas supporter ce petit peuple répugnant.
Jérôme préfèrera toujours un « rebeu » ou un « renoi » de bonne apparence qu’un plouc de français…  
Ces jeunes noirs ou arabes, il en voit de plus en plus à la Défense et il faut bien composer avec, après tout ils sont souvent plus intelligents, plus volontaires et plus motivés, que les blancs ! Mais surtout moins gueulards ! Jérôme se dit que si un jour il créait son entreprise, son rêve ultime, il embaucherait en premier des types comme ça, qui en veulent plus que ces fainéants de français.
Jérôme apprend beaucoup à leur côté.
Et mieux vaut, pour des raisons évidentes, être en bon terme avec eux…
Il est parfois étonné de voir la franchise et l’aplomb avec lesquels ces derniers critiquent, à raison d’ailleurs, le Peuple Plouc.  
De toute façon, la France est un pays de merde.
Jérôme veut partir, seul ou avec sa copine, à l’étranger… quitter ce pays sclérosé…
Pendant un temps, Jérôme a pensé lutter, s’engager… mais c’est inutile. Cela ne sert à rien, c’est foutu de toute façon. Alors autant essayer de gagner un maximum d’argent et d’avoir la plus belle vie possible, la plus facile…
Son Berry natal, il n’en a rien à faire … objectif Londres.
Capitale européenne de la Finance, possibilité d’empocher un maximum, temple de l’Happy Hour et des filles faciles, bonne coke, Londres est la ville idéale pour un jeune trader comme Jérôme.
Et puis finalement, Jérôme ira seul à Londres.  
Pourquoi diable aller s’emmerder avec une femme et des enfants ? Jérôme n’a pas de temps à perdre avec une famille, lui qui sort (par principe plus que par nécessité) à 20h de la Banque …
Incapable de trouver une petite amie stable, Jérôme se retrouve un peu seul, parfois …
Mais un bon cocktail siroté avec ses potes d’Ecole de Commerce et c’est oublié… Jérôme se pinte la gueule au moins trois fois par semaines.
L’after-work d’hier a d’ailleurs laissé des traces… Jérôme a vomi en rentrant chez lui, à la sortie du (dernier) métro. Le dernier « Mojito » était en trop… Et puis Jérôme a mal dormi.
Jérôme a déconné hier : il a pris à partie deux jeunes femmes sur la piste de danse, en les insultant de tous les noms… Sur le coup, il s’est bien marré… mais aujourd’hui il regrette son comportement. Il n’assume pas ses dérapages alcoolisés. Mais son travail est si dur, sa vie si stressante…
Pour se défouler, Jérôme s’offre bien quelques parties de tennis, voire quelques virées voile en Bretagne, mais rien n’arrive à lui faire oublier la Défense…
Finalement, faire péter son compteur annuel de K€ (à la banque tout le monde donne son salaire annuel en Kilos Euros) est le seul truc qui le motive…
L’année prochaine, son « chef » quittera son poste… une bonne opportunité… juste avant Londres. Sa carrière est toute tracée et c’est bien là l’essentiel.
Sans parler de la prime. LA prime du mois de mars qui ne devrait pas tarder à tomber pour tous les traders ayant brassé leur mère (sans trop savoir pourquoi, Jérôme se risque de temps en temps à une expression « des cités », voire à du verlan…).
A « Londres la Financière », les bijoutiers sont pris d’assaut à cette époque, tellement les primes versées sont énormes…
Avec sa prime, Jérôme se verrait plutôt consommer une « Escort », et pas une Ford (il sort toujours la même blague au bureau) !
Une pute de luxe, et rien que pour lui. L’autre jour, Jérôme a franchi le pas : il s’est inscrit du bureau, fébrile et nerveux, sur le forum « Escort ». Demandera-t-il une « extraball » (prolongation de contrat), lui qui souffre de temps à autre d’éjaculations précoces ?
Lui demandera-t-elle une CMI (« Cum in Face ») quand il passera à l’acte ?  

Ne penser qu’à sa gueule et l’assumer … Jérôme a le sourire lorsqu’il quitte le métro, s’engageant rageusement dans les couloirs qu’il connaît par cœur au beau milieu d’une foule d’inconnus pourtant si semblables. En haut de l’escalator, des jeunes en coupe-vent, très nerveux, distribuent la presse gratuite. C’est parfait, se dit Jérôme : en 20 minutes, toute l’actualité est balayée… comme ça, tout en restant consensuel, il ne sera pas largué à la machine à café…
Ne jamais choquer, éviter les sujets polémiques, ne pas parler politique… telles sont les règles à respecter lors des différentes pauses de la journée. Jérôme l’a bien compris le jour où il s’est lâché en avouant avoir rigolé de la banderole « anti-chtis » déployées par les supporters du PSG au Stade de France. Plus jamais ça. Plus jamais ces regards de travers, ce mépris dans le regard de personnes qui pourraient lui servir à progresser dans la hiérarchie… Pour réparer sa faute, Jérôme avait dû, le soir même, aller voir le film de Danny Boon et le lendemain clamer haut et fort dans les couloirs de la Banque qu’il avait adoré ce navet … Jérôme avait poussé le vice jusqu’à imiter l’accent du Nord dans « l’open-space » (bureau commun avec d’autres collègues), se fendant d’un « hein biloute » à la fin d’une conversation téléphonique (une fois le combiné raccroché). « Pathétique », s’était-il dit lorsqu’il avait constaté que sa voisine faisait semblant de rire…
Parallèlement au respect de ses quelques règles essentielles, Jérôme a dû s’accaparer le vocabulaire du Jeune Cadre : de « débriefing » en « brainstorming », il ne manquera pas de « forwarder » son email « ASAP », juste après sa « conf call », afin que sa collègue rajoute ce sujet « touchy » à sa « to-do », de sorte qu’elle élargisse le « scope » de ses activités.   
Jérôme signe aussi ses emails par « Cdlt, », l’abréviation de « cordialement », pour montrer qu’il est pressé, qu’il a une grosse activité… Enfin, il n’oublie pas de marcher vite dans les couloirs, si possible avec des dossiers sous le bras, pour étaler un peu plus son activité débordante…
A ce rythme effréné, Jérôme ne voit pas passer sa journée…
Il est déjà 18 heures, Jérôme meurt d’envie de quitter son siège. Mais il va rester encore deux heures.
Ce soir, il doit aller au restau avec sa copine et ses collègues. Cela fera bien d’arriver vers 21 heures, pressé et un peu à la bourre. Pour discuter de tout et de rien. Finalement les règles seront les mêmes que pendant la journée. Il aurait préféré aller au pub avec ses potes mais sa petite amie, qu’il a trompé maintes fois lors de ses escapades, l’a récemment rappelé à l’ordre.
Finalement, Jérôme préfèrerait être célibataire, comme les trois quarts de ses amis trentenaires. Comme ça, pas de prise de tête. Vivre seul c’est vivre heureux. Jérôme n’est pas fier d’avoir trompé sa copine. C’est une fille gentille, qui a le mérite d’appartenir à la même classe sociale… c’est le plus important pour lui. Ne pas s’amouracher d’une fille du Peuple, ne pas décevoir sa famille (dont il se moque au fond de lui). Que penserait sa mère de tout ça ? L’alcool ingurgité, les dérapages en boîte de nuit, les insultes haineuses… heureusement que Jérôme a le profil idéal : école de commerce (Business School), bonne situation, en collocation dans le XVII arrondissement parisien avec deux anciens « potes de promo »…
Jérôme a appris à picoler en Ecole de Commerce. A vrai dire, il s’y est complètement lâché. Chanter complètement ivres, mettre des mains aux culs des nanas bourrées, roter, se rouler par terre, en faire beaucoup, être exubérant, dominer les « 1ères années », les p’tits bizuths, être dans une association… Devenir quelqu’un, serrer beaucoup de mains. Subtile mélange de superficialité et d’hypocrisie, l’Ecole de Commerce fait figure de parfaite antichambre du Monde Moderne, du système dans lequel Jérôme se complaît.  

Comme tous les soirs, l’espace de 5 minutes avant de s’endormir comme une masse, lorsqu’il rentrera de l’établissement « lounge » où il doit retrouver ses amis, Jérôme se posera la question du sens de tout cela.

Le sens de sa vie.
Courir, travailler, gagner de l’argent, toujours plus, faire semblant d’être quelqu’un, être intégré dans ce Système, coller au Modèle, parler comme il faut, penser comme il faut, acheter comme il faut, sortir comme il faut, dans les endroits qu’il faut, déconner comme il faut.
Faire comme les autres en somme, mais ne penser qu’à soi, qu’à son confort et à sa consommation.
Jérôme arrive parfois, avant de s’endormir, à penser que finalement, il n’est rien.
Que finalement il baigne dans cette Matrice, ce rouleau compresseur, sans même essayer de lutter, qu’il suit la masse comme un mouton docile. Qu’il n’aura jamais de vie de famille, qu’il ne partagera jamais de bonheurs simples.
Rien n’est original dans sa vie citadine, tout est prévisible, tout est écrit.
Alors Jérôme boit, sort, claque de l’argent, s’assourdit en boîte de nuit, fait semblant d’exister, fait semblant d’être heureux, au milieu d’autres anonymes, partageant leurs destins ordinaires et médiocres de célibataires trentenaires.  

Mais au fond de lui et par delà ces divertissements, Jérôme sait. Il sait que quelque chose cloche.
Serait-il malade, saoulé par les codes de la société moderne ?
Serait-il devenu fou de sa réussite, obsédé par les millions d’Euros, de dollars, de Livres qu’il brasse sans savoir pourquoi ?  
Réussir, telle est son obsession.
Mais réussir à quoi ? A ressembler à ces moutons ? A être « normal » ?    
Jérôme n’est pas un homme.
La franchise, la fierté, la virilité, l’honneur, la fidélité, l’amour, le bonheur simple, la solidarité, l’action, l’honnêteté … ne font plus partie de son vocabulaire.
Jérôme est un incapable.
Incapable de penser librement, incapable de lever la tête et incapable de se défendre.

Un jour peut-être…
Mais déjà le réveil sonne, il faut se dépêcher.

S. Charles